Les plaines : des Chams aux Viêts 6

Au-delà des jardins qui entourent les deux palais centraux, Thái hoà et Cân chánh, se dressent les temples dynastiques. A droite du Ngo mon, le Thái miêu, construit par Gia-long en 1804 pour rendre le culte aux neuf sei­gneurs Nguyên, ses prédécesseurs ; à gauche, le Thê miêu, dédié par Minh-mang en 1821 à son père et à ses propres successeurs. Des deux côtés de chacun de ces temples, des galeries latérales renferment les tablettes des « Associés au culte de gauche et de droite », hommes illustres tombés au service de la dynastie.

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Cest devant le Thê miêu que s’alignent les célèbres urnes dynastiques, au nombre de neuf, que Minh-mang fit fondre en 1835- 1836, à l’exemple des Xia de la haute anti­quité chinoise. Par leur poids et leur masse, elles symbolisent la stabilité et la durée de la dynastie. Largement ouvertes vers l’azur, elles reçoivent le mandat du Ciel qui assure le commandement des rois et la pérennité de l’Etat. Les nombreux motifs, finement cise­lés et choisis par le monarque lui-même, représentent les multiples aspects de l’em­pire : les monts et les fleuves, la végétation et les animaux, les navires et les armes, les nuages et le vent, le soleil et la course des constellations.

Huê renferme aussi les tombeaux des empereurs Nguyên qu’ils se sont fait construire de leur vivant, le long de la rivière des Parfums, en harmonie avec la nature environnante. Chacun exprime la personna­lité du souverain tout en se pliant à une dis­position générale : mur d’enceinte, porte d’entrée triple, esplanade des mandarins et de leurs montures, pavillon de la stèle rappe­lant le règne du défunt, temple dédié à son culte, étangs et jardins et, finalement, le tertre où il repose.

Au sud de Huê, passé le col des Nuages, on trouve Dà-nang avec son musée cham, et la route des sites de l’ancien Champa parmi les­quels Trà-kiêu et surtout My-son, cirque construit de sanctuaires où s’effectuait le culte du Dieu-foi sous la forme du linga. Plus au sud,

Hôi-an fut un grand port de commerce inter­national d’abord sous les Chams, puis du xvie au XVIIIe siècle lorsque y abordaient Européens, Chinois et Japonais; son ensablement pro­gressif entraîna la fin du trafic. La ville a conservé un pont japonais de 1593, des mai­sons et des pagodes du XVIIIe siècle, un charme calme et prenant avec sa rivière Thu-bôn.

Les Chams sont aujourd’hui au nombre de 133 000. Ils vivent surtout sur les côtes du Ninh-thuân et du Binh-thuân, une partie plus au nord, une autre dans le delta du Mékong.

En outre, on compte 200 000 personnes au Cambodge où elles ont émigré depuis le xviie siècle. Les Chams du Centre du Viêt Nam sont restés pour la plupart hindouistes avec des prêtres pour organiser les cérémonies, mais le fond des croyances est comme chez les Viêts, animiste, fondé sur le culte des forces naturelles. La plus grande fête est le Katê du 10e mois lunaire pendant lequel les morts reviennent chez les vivants. On va à l’ancien temple rendre grâce aux génies et aux héros par une procession agrémentée de ban­nières et de danses rituelles. On nettoie les tombes et on célèbre le culte des ancêtres. Ensuite viennent jeux et danses populaires du dragon, du paon, des cultures, à l’éven­tail, aux bougies, au son de flûtes, de tam­bours et d’instruments à cordes. La fête se termine par un banquet où sont présentés le bétel et la noix d’arec, mais excluant toute viande de bœuf ou de porc.

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