Les plaines : des Chams aux Viêts 4

Hoi-An-sanctuaire-My-Son

Ce sont les mines, les forêts, le commerce et la piraterie qui font la richesse du Champa. Le pays occupe une position admirable au carrefour des grandes routes maritimes. L’expansion de l’Inde dravidienne, la paix des Tang et des Abbasides de Bagdad favorisent un renouveau des échanges internationaux. Du vne au Xe siècle, les Chams contrôlèrent le trafic des épices et le commerce de la soie dans les mers du Sud. Ils exportaient en outre en Chine et chez les Arabes l’ivoire et l’aloès de leur pays.

Mais le négoce n’était pas leur seule occupation. Ces hardis marins conquirent une réputation de corsaires dans toutes les mers du Sud. La côte de l’Annam s’échancre à chaque instant en baies profondes aux îles sûres. Là, leurs jonques embusquées se jetaient à l’improviste sur les vaisseaux marchands qui passaient au large, porteurs d’épices et de parfums, de perles et de nacre, de métaux précieux, de soie et d’oiseaux des îles. La royauté devait favoriser tacitement cette flibuste dont elle prélevait sa part des prises. C’est durant cette période qu’elle com-mença de couvrir de temples le cirque de My-son, dont malheureusement il ne reste que des ruines.

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La religion était alors le brahmanisme : Çiva était particulièrement vénéré, sous la forme d’un linga revêtu d’un étui souvent en or qui représentait son visage. Mais, comme le note G. Maspero8 « les dieux indiens avaient pris la place des anciennes divinités locales et quand les Chams vénéraient en Bhagavati, à Pô Nagar de Nha-trang, la Dame du Royaume, peut-être ne faisaient-ils que continuer un culte très ancien ». Tout comme par la suite les Khmers d’Angkor, les souverains du Champa prêtèrent toute leur attention à leur propre déification. Les temples qu’ils élevèrent renfermaient des statues qui étaient leur propre image sous les traits du dieu en qui ils seraient absorbés après leur mort. On rencontre ici, comme dans toute l’Asie du Sud-Est, cette symbiose entre le vieux culte des ancêtres et des esprits et les idées religieuses apportées de l’Inde.

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Les Chams n’ont pas laissé de grands monuments comparables à ceux des Khmers. C’est plutôt par la grâce, l’équilibre et le rythme qu’ils se distinguent. Les plus anciens témoignages de cet art qui nous sont parvenus datent de la seconde moitié du VIIe siècle : ils relèvent de ce qu’on appelle le style de My-son E1, qui suppose déjà une longue période de formation. Le second style est représenté par les tours de Hoa-lai aux belles proportions.

En 875, Indravarman II adopte le bouddhisme du Mahayana. On lui doit le sanctuaire de Dong-duong, au sud-est de My-son,
dédié à Lokeçvara et à son propre culte, remarquable par la puissance de sa statuaire. Mais celle du royaume souffre de sa division en cinq principautés du nord au sud : Indrapura, Amaravati, Vijaya, Kauthara et Panduranga.

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