Les plaines : des Chams aux Viêts 3

Les hommes des plus hautes familles sont appelés Buoluomen (brahmanes). Deux grands dignitaires occupent à la cour le premier rang. Sous leurs ordres sont placées trois classes de mandarins. La hiérarchie des fonctionnaires qui administrent les provinces comprend plus de deux cents catégories différentes. Ils ne reçoivent pas de traitements, les administrés étant tenus de subvenir à leurs besoins.

Les habitants construisent les murs de leurs maisons avec des briques cuites, revêtues d’une couche de chaux. Les maisons sont toutes surmontées d’une plate-forme en terrasse appelée galan.

Pour écrire, ils emploient des feuilles d’arbre qui tiennent lieu de papier ; en guise de nattes, ils utilisent les feuilles du cocotier. Les instruments de musique ressemblent beaucoup à ceux des Chinois : cithare, violon à cinq cordes, flûtes, etc. On se sert aussi de conques et de tambours pour avertir le peuple quand passe le cortège royal et dans certaines autres cérémonies.
Il n’existe aucun code de lois pénales. On fait écraser les criminels sous les pieds d’un éléphant, ou bien encore on les conduit dans une île isolée où ils sont condamnés à mourir de faim.

Les noces s’accomplissent toujours à la huitième lune. Ce sont les filles qui demandent les garçons en mariage (Cette pratique est peut-être liée à la prépondérance du droit maternel dans la filiation et non, comme récrit Ma Duarvlin, parce qu’elles sont considérées comme étant d’une nature inférieure). Il n’est pas interdit aux personnes qui portent le même nom de famille de se marier entre elles (il n’en est pas ainsi en Chine).

Les funérailles du roi ont lieu sept jours après sa mort celles des grands mandarins au bout de trois jours et celles des gens du peuple le lendemain du décès. Quelle que soit la condition du mort, son corps est soigneuse-ment enveloppé, porté sur le bord de la mer ou d’un fleuve, au bruit du tambour, avec accompagnement de danses, et ensuite livré aux flammes sur un bûcher que dressent les assistants. Les ossements épargnés par le feu sont enfermés dans un vase d’or et jetés dans la mer quand c’est le corps du roi qu’on a brûlé. Les restes des mandarins sont enfermés dans un vase d’argent et jetés dans les flots à l’embouchure du fleuve ; pour les morts qui n’ont joui d’aucune distinction, on se contente d’un vase de terre que reçoivent les eaux fluviales. Les parents de l’un et l’autre sexe suivent le convoi et coupent leurs cheveux avant de s’éloigner du rivage : c’est la seule marque d’un deuil très court. On voit cependant quelques femmes qui gardent le deuil toute leur vie sous une autre forme, en laissant flotter leurs cheveux épars après qu’ils ont repoussé. Ce sont des veuves qui ont renoncé à jamais à se remarier7 ».

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