Les plaines : des Chams aux Viêts 2

Hue-Cité-Impériale

De langue austronésienne et de filiation matrilinéaire, les Chams sont décrits par les auteurs chinoises comme • noirs de peau, ayant les yeux profonds, le nez droit et saillant, les cheveux frisés. Ils relèvent leurs cheveux en chignon, qui affecte chez les femmes la forme d’un pilon, et se percent les oreilles pour y passer de petits anneaux de métal. Ils sont très propres, se lavent chaque jour le corps plusieurs fois, le parfument, le frottent avec un onguent de camphre et de musc. Ils fumigent leurs vêtements à l’aide d’un composé de différents bois odoriférants. Le vêtement, le même pour les hommes et les femmes, consiste en une pièce d’étoffe de coton qu’ils roulent autour du corps de droite à gauche et qui les couvre de la taille aux pieds. Les gens distingués chaussent des sou­liers de cuir, ceux du commun marchent nu- pieds ».

Hue-Cité-Impériale

Le royaume, fondé en 192 autour de la région de Huê (le nom vient du cham Hve), sera appelé Champa (Chiêm-thành) au VIIe siècle. L’indianisation avait commencé depuis le 1er siècle au Fu Nan (Phù Nam) voisin. Le plus ancien vestige archéologique trouvé au Champa, le bouddha en bronze de Dong- duong, chef-d’œuvre d’influence gupta, date probablement du IVe siècle. A cette date, les Chams ont étendu leur frontière nord jus­qu’au Hoành-son. C’était alors un marché prospère, où les pays méridionaux venaient échanger leurs épices, ivoire, cornes de rhi­nocéros, bois de senteur, cire d’abeille et per­roquets contre le thé, les soieries, les bijoux et autres marchandises des Chinois. De la même époque datent des inscriptions en sans­krit et en cham relevées dans les provinces actuelles du Quang-nam et du Phü-yên. Elles sont dues au roi Bhadravarman, qui fonda la premier sanctuaire, dédié à Çiva Bhadreçvara, dans le cirque de My-son des­tiné à devenir le centre de tous les cultes royaux. La capitale devait se trouver à Trà- kiêu.

Voici comment les auteurs chinois décri­vent le pays aux isf-vf siècles :

« Ce pays a un climat chaud toute l’année; jamais de gelée ni de neige. Il renferme de nombreuses richesses minières et forestières.

Les montagnes ont des mines d’or dont le minerai est de couleur rouge. L’or qui s’en- gendre dans ces mines produit pendant la nuit des feux qui ressemblent à ceux des vers luisants. On recueille au Lin Yi des écailles de tortue, des coquillages qui servent de mon­naie, le parfum appelé jinshui et la fleur du jibei (cotonnier). Les fleurs de l’arbre jibei fournissent à leur maturité des filaments aussi fins et aussi blancs que le duvet de l’oie. On les file et on en fait de très belles étoffes qui peuvent se teindre de toutes les couleurs.

Hommes et femmes n’ont d’autre costume qu’un lé de toile de jibei enroulé autour du corps. Ils se percent les oreilles afin d’y sus­pendre de petits anneaux…

Le roi porte un bonnet de forme élevée, orné de fleurs d’or et garni d’une houppe de soie. Quand il sort, il monte sur un éléphant; il est précédé de conques et de tambours, abrité sous un parasol de jibei et entouré de

serviteurs qui déploient des bannières de la même étoffe.

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