Les plaines 4

Avec la Pagode du pilier unique, le monument le plus fameux de Hà-nôi est le Van Miêu, temple des Lettres consacré au culte de Confucius, qui comprenait aussi le Quôc tu giám, P« Ecole des Enfants de l’Etat » réser¬vée aux princes et aux fils des hauts digni¬taires. Leur construction date des Tran (XII^-XIV6 siècle) quoique les Ly aient pu éle¬ver un édifice; ils ont ouvert le premier concours littéraire en 1075 qui englobait les trois enseignements : bouddhisme, confu¬cianisme et taoïsme. Mais la plupart des recru¬tements se faisait par la naissance et la recommandation.

Voici comment des envoyés chinois à la cour vietnamienne ont décrit la capitale au XIIe siècle3 :
« Le souverain habite un palais à quatre étages… A côté se trouvent des édifices décorés d’inscriptions altières. Toutes ces constructions sont peintes avec du vernis rouge; sur les colonnes qui les soutiennent, on a représenté des dragons, des aigrettes et des Immortelles… Aux portes du Palais est une tour et dans cette tour une grande cloche. Celui qui réclame justice sonne la cloche, qui met tout le monde en éveil, et souvent amène avec lui sa partie adverse, afin que le jugement soit immédiatement rendu…
« Sans distinction de rang, tous les habitants de ce pays nouent leurs cheveux au sommet de la tête. Le roi attache le nœud de ses cheveux avec une aiguille d’or, tandis que ses sujets ne doivent porter que des aiguilles d’argent ou de fer. Son costume se compose d’une longue robe de couleur jaune, sur laquelle il revêt une seconde robe, courte et sans manches, de couleur pourpre. Les hommes de la classe élevée sont tous vêtus d’une robe noire, fendue à quatre pans. Ils tiennent à la main un éventail fait de plumes d’aigrette, se coiffent d’un grand chapeau conique et chaussent quelquefois pour sortir une sorte de sandales de cuir. Le chapeau conique, dont la forme ressemble à celle de certains coquillages, est très finement confectionné avec de minces filaments tirés de l’écorce de bambou. Les chaussures se composent d’une simple semelle de cuir avec deux petites attaches entre lesquelles le gros orteil se trouve engagé. Les femmes sont très sages et très réservées, ce en quoi elles dif¬fèrent beaucoup des hommes. Elles affec¬tionnent surtout la couleur verte pour leur vêtement supérieur qui est à larges manches et à col droit. Toutes adoptent la couleur noire pour la robe de dessous. Les mandarins font usage d’un palanquin des plus simples; il consiste uniquement en une bande d’étoffe attachée à de longs bambous. Deux porteurs chargent ces bambous sur l’épaule.

« Le troisième jour de la troisième lune, les jeunes gens et les jeunes filles se réunissent et se rangent en cercle. Ils font une boule de soie de cinq couleurs que les garçons lancent en l’air. Ce jeu accompagné de chants est appelé phi-tri. La jeune fille qui reçoit la balle devient aussitôt la fiancée du prétendant par qui le gage a été lancé ».

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