Les plaines 1

Sur une superficie de 150 000 km2, les plaines couvrent 22 000 km2 (14,7%), les montagnes 128 000 km2 (85,3%). Les plaines renferment 65% de la population, ce qui donne une densité très élevée : 968 habi¬tants au km2, 987 dans le delta du fleuve Rouge, 929 dans les trois plaines côtières qui lui font suite :
Superficie
(km2) Population
(1999) Densité au km2
Delta du fleuve Rouge 15.000 14.800.000 987
Thanh-Nghê-Tinh 7.000 6.500.000 929
Total 22.000 21.300.000. 968
Le delta est l’œuvre du fleuve Rouge et du Thâi-blnh dont les eaux se rejoignent à tra¬vers les basses terres par le Duông et le Luôc. Le Thâi-blnh, formé par la réunion des trois rivières Cau, Thuong et Luc-nam, se ramifie en de nombreux bras, peu abondant et tran¬quille. Le fleuve Rouge, lui, est puissant et dangereux. Prenant sa source au Vunnan, près de Dali, il descend du Nord-Ouest vers le Sud-Est sur 1200 km. Coupé d’abord de rapides et de bancs de rochers, il s’élargit ensuite et, grossi du Dà et du Lô, pénètre à Viêt-trl dans le delta où il se divise pour gagner la mer par de multiples embouchures. Son débit oscille entre 700 m3 par seconde aux basses eaux en saison sèche (novembre-jan- vier) et 28 000 m3 pendant les pluies de mousson. Or les hautes eaux comportent plu¬sieurs crues qui, de juin à octobre, se succèdent de façon extrêmement irrégulière et rapide sans qu’on puisse y accorder le rythme des cultures. Mais leur action, aidée par les courants côtiers, crée des lais de mer que l’homme colmate par des plantations de joncs et des remblais afin d’élever des habitations. Dans le bas delta la terre progresse vers le sud- est de cent mètres par an. C’est là où elle donne deux récoltes par an que la densité est la plus élevée, atteignant 2 000 à 2 500 habitants au kilomètre carré.

Le delta se présente comme une vaste et monotone platitude de rizières vertes bordées de diguettes où s’affaire continuellement, sauf au moment des fêtes du Nouvel An, une humanité laborieuse : hommes conduisant leur charrue ou leur herse tirée par un buffle, femmes repiquant, courbées dans l’eau jusqu’aux genoux, tandis que d’autres irriguent avec une écope à trépied ou, à deux, avec un panier fixé à l’extrémité de quatre longues cordes, ou, encore en pédalant sur une noria. L’eau indispensable aux jeunes plants ne doit pas dépasser quelques centi-mètres. Avec une quantité suffisante, le riz croît régulièrement. Mais que la sécheresse survienne ou que, au contraire, la pluie tombe pendant des jours, le repiquage est perdu et il faut le refaire parfois deux ou trois fois. C’est pourquoi une attention constante est nécessaire.
Ecoutons cette femme qui réveille son mari :
Le soleil commence à se lever à l’est Réveille-toi pour aller à la rizière Notre sort est de travailler quel que soit le temps
Labour profondhersage soigné, peut- être aurons nous une bonne récolte !
Et cette recommandation adressée à tous :
O que personne ne laisse le sol en friche, Autant de pouces de terre, autant de pouces d’or!
Le riz est si essentiel que, pour dire « manger », on dit « manger du riz » (an comh Cette primauté s’explique parc e que sous les tropiques les cultures vivrières sèc hes épui¬sent rapidement le sol, à quoi s’ajoute le La balle sert à couvrir le fumier, le son est pour les cochons.
L’an prochain avec une bonne récolte nous aurons de l’argent,
Je paierai l’impôt et la corvée pour mon mari.
Que l’on a faim ou que l’on mange, on est deux, vous et moi :
Plus heureux que le riche seul dans son palais!
L’importance de la riziculture est telle que toutes les autres activités lui sont subordon¬nées, d’autant plus que jusqu’à une date très récente, lorsque la « mondialisation » a rap¬porté de gros profits au commerce et à l’ar-tisanat, ceux-ci souffraient des préjugés confucéens qui les mettaient au dernier rang de l’échelle socio-économique. La pêche dans les étangs et les cours d’eau n’est pas séparée de l’agriculture familiale. Seule la pêche en mer est pratiquée comme activité principale par des villages de pêcheurs installés le long des côtes. Jonques et sampans peuvent aussi abriter des familles qui y ont leur autel des ancêtres, des poules et même des porcs. La plupart ne s’aventurent pas au large.

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