Les peuples des plateaux 5

La mort est annoncée par les gongs. Chacun s’arrête de travailler pour venir partager la douleur de la famille. Le défunt revêtu d’habits neufs est exposé au milieu de la maison pendant quelques jours pour qu’on lui rende hommage. On boit, on frappe du gong, on chante, on raconte sa vie, on lui offre des présents. Le cercueil, creusé dans un tronc d’arbre, est parfois décoré : chez les Mnông et les Gié-triêng d’une tête de buffle, chez les Édê d’un milan. La personne est enterrée avec ses vêtements et ses bijoux. On casse sur sa tombe des objets qui lui serviront dans l’au-delà : jarre, marmite, hotte, calebasse, hache, etc. On lui bâtit une maison murée : les Mnông, les Êdê, les Jôrai, les Bahnar glis¬sent des tubes de bambou dans le cercueil pour le nourrir pendant un certain temps en lui versant du riz, de la soupe, du vin. Avant de rentrer au village, tous ceux qui ont suivi l’enterrement doivent se purifier en se lavant dans un cours d’eau. Certains peuples (Jôrai, Mnông, Bahnar, Romam) ont des tombes communes pour les membres d’une même famille.

On croit que les morts vivent dans un monde qui ressemble à celui des vivants mais où le jour et la nuit sont inversés et où ils ont les mêmes activités. Cependant ils ne rejoignent ce monde qu’après que les vivants ont célébré le rite de l’abandon des tombes. Il donne lieu à une grande fête chez les Jorai, les Bahnar, les Êdê, les Gié-triêng, car il marque la fin du deuil, le moment où les vivants n’ont plus d’obligations envers le mort, où le conjoint peut se remarier, etc. Elle est coûteuse car la famille doit nourrir tout le village et ceux qui viennent du voisinage. La cérémonie commence le soir à côté de la tombe décorée des statues des personnes qui accompagneront le défunt dans l’au-delà. Le chef de famille l’invoque pour qu’il s’en aille et laisse en paix les vivants. On fait le sacrifice du buffle, on mange, on boit à la jarre à l’aide d’un chalumeau, on danse en se tenant les mains au son des gongs jusqu’au matin. Cette fête qui peut durer trois nuits de suite a lieu généralement à la fin de la saison sèche avant que recommencent les travaux des champs. L’abandon des tombes signifie en réalité le renouveau de la vie comme le renouveau de la nature que manifeste au même moment (a rouge floraison des érythrines sur les collines.

Le sacrifice du buffle, accompagné de chants, de musique et de danses, intervient lors de tous les événements majeurs. Outre l’abandon des tombes, on rend grâces aux divinités pour les bonnes récoltes et la prospérité du village, on fête l’ouverture du ray et la fin de la moisson, l’inauguration de la maison commune, autrefois la victoire sur un ennemi. Le buffle est attaché à un mât constitué d’un tronc d’arbre, richement orné de motifs décoratifs, au sommet duquel flottent des effilochures de bambou. Les danses sont très variées quoique certaines se soient perdues dans le Sud. Chacune a une signification symbolique. Les participants, plus ou moins nombreux, sont revêtus de leurs atours les plus colorés. Tantôt séparés par sexe, tantôt ensemble, ils se meuvent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre selon le rythme des tambours et des gongs.

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