Les peuples des plateaux 4

Le village est placé sous l’autorité d’un chef à qui l’âge a donné l’expérience et la connaissance et qui est éloquent. Il s’occupe de toutes les questions dans tous les domaines, tl n’exerce pas un pouvoir per­sonnel, mais représente la communauté du bien-être de laquelle il est responsable ; il est remplacé lorsqu’il n’en est plus digne. Un conseil d’anciens l’assiste. Dans certaines zones (Bahnar, Chil, Cadong), c’est celui-ci qui dirige.

A côté du chef, d’autres personnages inter­viennent dans des ressorts particuliers : le chaman pour les cérémonies et les rites, qui est aussi l’homme-médecine ; le chef de terre (chez les Êdê, Coho, Ma) représentant du clan fondateur; le chef de guerre lorsqu’il n’est pas le chef du village lui-même ; le chef de la maison commune (rông). Dans l’exer­cice de ces fonctions, l’aspect spirituel n’est jamais dissocié de l’aspect temporel. Ainsi, les Pôtao (Seigneurs) des Jôrai étaient-ils consi­dérés comme des « rois » du Feu, de l’Eau et de l’Air : en réalité, ils étaient les médiateurs « entre la société des humains et les puis­sances cosmiques typifiées en ces trois élé­ments, ce qui fait d’eux, en tant que leurs représentants, les Maîtres des états de la matière » et, par suite, leur donnait une grande autorité. Aujourd’hui, il n’en existe plus que dans certaines communes et leur rôle se réduit à celui de chamans officiant surtout lors des rites d’invocation à la pluie.

La vie du village est caractérisée par une très grande solidarité entre tous ses membres, en raison sans doute de la faiblesse de la technologie qui ne permet pas de dominer la nature. Ses forces sont divinisées et on leur offre des sacrifices pour se les rendre favo­rables : génies de la foudre, de la montagne, de l’eau, de la forêt, de la terre, du riz, etc., masculins et féminins, bienfaisants et mal­faisants, qu’on appelle yang. Les Bahnar, les Coho, les Brâu croient en un dieu créateur très vague. Depuis le milieu du XIXe siècle, un certain nombre de montagnards se sont convertis au christianisme, mais n’ont pas rejeté leur notion fondamentale que toute chose a une âme.

Les principales cérémonies concernent les événements familiaux, les activités agricoles et la prière pour qu’il pleuve ou qu’il ne pleuve pas, et les événements du village : inaugura­tion de la maison commune, guerre, alliance ou réconciliation avec des villages voisins. On fait très attention aux signes que peuvent indiquer les rêves, les cris des animaux, le vol d’un oiseau. On choisit un jour faste pour construire une maison, organiser une céré­monie, aller à la chasse. De nombreux inter­dits sont respectés, tel que celui de la viande de chien. On croit que la faute d’un habitant retentit sur toute la communauté. L’inceste est puni très sévèrement pour ne pas attirer la colère des génies (sécheresse, pluie diluvienne, etc.). Le chef du village est responsable du bien public : si de mauvaises récoltes se suc­cèdent malgré les prières, il doit être rem­placé. Les chamans peuvent être des hommes ou des femmes qui ont reçu le don de com­muniquer avec les esprits et de guérir à la suite d’un rêve. La plus grande peine que puisse subir un montagnard, c’est d’être chassé de sa communauté. Elle est comparable à une mort non naturelle ou loin du village qui interdit d’enterrer le défunt dans le cimetière communal et en fait une âme errante.

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