Les peuples des plateaux 3

Les jeunes se choisissent librement et la famille respecte leur décision à condition qu’elle n’aille pas à l’encontre de la coutume (l’interdit de l’inceste est interprété de façon plus ou moins large; en général le mariage entre cousins est autorisé). Le lévirat et le soro- rat sont répandus, mais on n’épouse que le frère cadet ou la sœur cadette du (de la) défunt(e). La monogamie est de règle, sauf pour certains chefs puissants et riches; le consentement de l’épouse première est indis¬pensable. Le régime de parenté détermine la résidence du mari chez ses beaux-parents : matrilocale, patrilocale, ou alternativement chez les uns et les autres ou par accord mutuel, lorsque les deux filiations sont reconnues.

Dans les sociétés matrilinéaires (Jôrai, Êdê, etc.), la femme jouit d’une grande autorité.

C’est elle qui, souvent, demande en mariage le garçon par le canal d’un entremetteur. Sa famille verse une dot à celle du garçon avant qu’il vienne faire le gendre chez elle. L’enfant porte le nom de famille de la mère. Selon Dournes, « L’homme n’a rien. La femme pos-sède tout : la maison, les biens de valeur (jarres et gongs), la basse-cour et les troupeaux, les rizières et les jardins. Levée avant l’aube, elle prépare la nourriture des bêtes et des hommes, sarcle au jardin, pile et cuit le riz, file le coton, le teint à l’indigo et le tisse. Elle sait aussi conter le soir… La femme est l’intérieur et la continuité, la tradition et la permanence. L’homme fait les relations extérieures, le lien entre le dehors et le dedans. La femme est la mémoire, l’homme la parole. Lors d’un sacrifice, l’homme tue l’animal, la femme le cuit. C’est la femme qui a fourni cet animal, qui décide quand il faut faire tel ou tel sacrifice ».
Dans les sociétés patrilinéaires (Bahnar, Mnông, Hrê), le rôle de la femme est moins important, mais elle a des droits et possède sa part des biens. L’oncle maternel fait partie du conseil de famille.

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Le village qui groupe jusqu’à une centaine de foyers parents ou alliés est l’unité de base. Il tire son nom de son fondateur ou d’une caractéristique du lieu. Il est situé près d’une source qui lui donne l’eau indispensable et près des terres cultivables, dans un endroit élevé et aéré. Les maisons sur pilotis étaient autrefois très longues – parfois jusqu’à 200 m – parce qu’elles abritaient de nombreuses familles apparentées sur trois ou quatre générations, chacune disposant d’un espace particulier. On les comparait à l’onde sonore des gongs ou à la course d’un cheval. Aujourd’hui la grande famille a fait place à la famille nucléaire qui habite chacune sa maison avec, sous le plancher, les animaux domestiques, à côté le grenier à riz. Toutes continuent à se grouper autour de la maison commune (nhà rông) où les jeunes s’édu- quent auprès des anciens, où se débattent les affaires d’importance et où ont lieu les grandes cérémonies. Elle présente partout la même apparence, mais les pilotis sont plus ou moins élevés, la porte s’ouvre tantôt au milieu, tantôt aux extrémités, les toits s’élèvent plus ou moins haut (ils sont comparés à des fers de hache), descendent plus ou moins bas, la décoration des montants et de l’échelle emploie des motifs tantôt géométriques tantôt figuratifs (mortier et pilon). Chez certains peuples, l’entrée est interdite aux femmes (Jôrai, Rôngao, etc.).

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