Les littératures orales 2

L’humour caractérise un grand nombre de dictons. L’esprit viêt, très observateur, fin, moqueur, est prompt à saisir les ridicules, le comique d’une situation, d’un caractère, et à donner à sa constatation une portée générale.

Mais le sourire narquois est sans méchanceté. L’homme sait trop bien que ce qui arrive aux voisins aujourd’hui peut lui arriver demain. Il a l’indulgence qui se moque des autres et de lui-même. Ce qui rend l’expression encore plus acérée, c’est la morphologie et la phonétique de la langue dont Pierre Midan écrit : « Ces monosyllabes qui semblent courir les uns avec les autres appellent d’eux-mêmes les rapprochements et les contrastes ; ce continuel balancement des mots et des phrases auquel se prête si bien la langue annamite, permet de donner à la pensée la souplesse nécessaire pour qu’elle se fasse jour sans se rendre trop claire. Il y a aussi et surtout les inflexions de la voix représentées en transcriptions par cinq accents différents donnant à la phrase un sautillement continu qui semble dissimuler un sourire et qui met les nerfs en vibration. La langue annamite déjà si précise, si directe en elle-même semble créer une atmosphère favorable à l’échange des idées amusantes en agissant sur l’épiderme à la façon d’un stimulant1 ». Georges Cordier est du même avis : « Chaque sentence, écrit-il, est, si j’ose dire, à déclic. Cela pointe ou cela coupe. Tout est net2 ».
Voici quelques dictons qui revêtent souvent une forme comparative :
Le chien en baillant a pris une mouche (la fortune vient en dormant)
Les abeilles font le miel et ne le mangent pas.
Des cinq doigts les uns sont courts, les autres longs.
Bouche de Bouddha, cœur de serpent. Le feu près de la paille finit par l’enflammer.
Parler comme un pétard, travailler comme un vieillard décrépit.
Dans l’eau trouble les crabiers s’engraissent.
Cacher la tête et montrer la queue. Manier l’herminette devant le charpentier.
Frapper le tambour à la porte du génie du Tonnerre.
Piller en frappant le tambour (le voleur frappe lui-même le tambour pour alerter les villageois et il profite du désordre général pour faire main basse sur ce qui lui convient).
D’abord les diables, puis les revenants, en troisième lieu les étudiants !
Faire commerce de nuages et de vent (un fourbe).
Vendre le Ciel sans contrat.
Ecorce de mandarine épaisse trouve ongles pointus.
L’eau coule vers les endroits bas.
Le miel doux tue les mouches.
Une pagode délabrée qui a des Bouddhas en or.
Beaucoup de paroles, beaucoup d’erreurs.

Présenter ses aisselles pour qu’on vous chatouille.
Rire à gorge déployée alors que du piment macère dans le cœur.
Nourrir des guêpes dans la manche de son habit.
Frais comme la pierre, froid comme l’argent.
Embarrassé comme une bonzesse qui accouche.
Porter un serpent chez soi pour qu’il morde vos poules.
Point de pluie sans nuages.
Etre génie protecteur de son pays et démon chez les autres.
Le venin des hommes est plus empoisonné que celui des serpents.
La langue n’a pas d’os, elle tourne de tous les côtés.
La bouche invoque le Bouddha, la ceinture cache une collection de poignards.
Manger du miel, rendre du gingembre. Le sournois frappe en cachette et tue un éléphant.
Voisin de la pagode, il appelle le Bouddha son frère.
Habile chez soi, sot au marché.
La grenouille assise au fond du puits croit le ciel un couvercle.
Qui a tort sursaute.
Faire la charité avec le bien d’autrui. Emprunter un peigne à un bonze (ils sont rasés).
La vertu tue la beauté.
Trois joies vous rajeunissent, trois chagrins vous vieillissent.
Riche, on ira vous trouver jusque dans les forêts ; pauvre, personne ne vous demande en plein marché.

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