Le Sud 6

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Le caodaïsme tire son nom de Cao Dài, l’« Etre suprême », qui se révéla en 1920 par la voie spirite à Ngô Van Chiêu. Celui-ci fit des adeptes et en 1926 constitua officielle¬ment l’Eglise. Le caodaïsme ne se présente pas comme une religion nouvelle, mais comme un syncrétisme des doctrines existantes et notamment des trois grandes philosophies de l’Asie orientale : taoïsme, confucianisme et bouddhisme. Il prône la responsabilité morale de chaque individu envers lui-même, sa famille, la soc iété, l’humanité tout entière : abandon des désirs matériels pour la paix de l’âme ; éternité de l’âme â travers les karma ; adoration de Dieu et de tous les êtres trans¬cendants et saints, ainsi que des ancêtres ; effort de conversion des hommes pour que tous accèdent â la connaissance, â la libéra¬tion et au bonheur II est interdit de tuer, de rechercher le profit ; de manger de la viande et boire de l’alcool ; de gaspiller l’argent, de dire des paroles mauvaises.

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Le culte est très simple II suffit de prier des Viêts qui ne mendient pas – les pagodes ont des jardins potagers – par contre, ils ne mangent pas de viande). Deux fois par mois, les soirs de nouvelle lune et de pleine lune, les moines se réunissent en uposatha ou en thugai sel (du pâli sila : devoir religieux) pour une confession collective. Le doyen récite la liste des interdits et demande : « Quiconque a péché, qu’il le confesse. Quiconque est sans péché, qu’il se taise ». Il y a quelque 400 pagodes et plus de 10 000 moines.

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Dans la campagne, les Khmers vivent dans des habitations sur pilotis au milieu de coco¬tiers. Ils pratiquent l’agriculture, y compris par brûlis, l’élevage du bétail et des vers à soie, la pêche (le prahoc, pâte de poisson salé, est le mets courant), la vannerie, le tissage de sarong et de couvertures, la poterie.

La famille est bilinéaire. Des traces de matri- linéarité subsistent telles que l’appellation de « chef de la maison » donné à l’épouse. Les morts sont incinérés. Leurs anniversaires sont des occasions pour la famille de se réunir et de leur faire des offrandes de riz rouge, le riz gluant des rizières sèches. Comme chez les Viêts, la chique de bétel fait partie de la plu¬part des rites, notamment ceux des fiançailles et du mariage.

De même, le bouddhisme est-il intime¬ment lié au vieil animisme et à des restes de brahmanisme. Les Khmers croient aux esprits, particulièrement aux neakta, génies gardiens et protecteurs du sol, depuis l’enclos de la maison individuelle jusqu’au village et au pays tout entier. Ils logent dans les arbres, les pierres, les cours d’eau, les montagnes. On leur rend un culte en leur présentant du riz, des fleurs, des fruits, des baguettes d’encens, déposés sur un petit autel au sommet d’un pilier de bois ou à l’intérieur d’un arbre. Il y a aussi de grandes fêtes, généralement avant les travaux des champs, qui s’accompagnent de sacrifices de poulets et de porcs, parfois de séances de possession, le génie pénétrant dans le médium pour faire des prédictions.

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Un autre type de croyance réfère à la division de l’espace et du temps en aires et moments fastes et néfastes, parcourus de souffles de vie ou de mort, de signes de chance ou de malheur : la construction d’une maison, par exemple, requiert l’assistance d’un devin. On voit combien, sur tous ces plans, le Khmer est proche du Viêt.

Lesjdeux fêtes les plus importaotes-sont celles du Nouvel An vers le milieu du mois d’avril et la fête de la Lune le 15 du 10e mois. La dernière nuit de l’année, toutes les familles dans leurs plus beaux atours vont offrir fleurs, fruits et galettes à la pagode. Le matin du Nouvel An, on s’y réunit de nouveau pour s’échanger les souhaits de bonne année et se livrer aux jeux et aux danses. On danse par couples, on imite les pas de l’éléphant ou du canard. On s’assied sur des nattes pour un repas dont le prahoc ne peut être absent. Le soir on lâche des lanternes volantes qui contiennent une mèche trempée dans l’huile et entourée de papier de couleur. On danse encore ou on assiste à des spectacles de théâtre populaire accompagnés par la flûte, le tambour et le luth. La fête de la lune a lieu à la fin de la saison des pluies (10e mois) pour la remercier, car elle est la divinité régulatrice des récoltes et des eaux. Lorsque la pleine lune se lève, on dispose dans la cour de la pagode ou de la maison les offrandes rituelles de riz gluant, de bananes et de noix de coco. On lâche des lanternes volantes dans le ciel et des lanternes flottantes sur les cours d’eau. Le clou de la fête est la course de pirogues : creusées dans un tronc d’arbre, elles ont la proue et la poupe recourbées et de vingt à trente rameurs obéissant à un chef debout à l’arrière. Chaque village entretient une équipe.

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