Le Sud 4

[En 1806, un édit ordonna] le recense¬ment général. Les terrains furent exactement mesurés ainsi que les champs. On nota les dif¬férentes productions du sol. Les distances d’un point à un autre furent appréciées et notées, ainsi que la longueur des routes. On classa les montagnes, îles et cours d’eau d’après leur nature. Les différentes cartes par-ticulières furent soigneusement dressées ; il en fut de même pour les registres de popula¬tions et d’impôts… ».(p. 18-20)

Dans le chapitre « Mœurs et coutumes », Hoài Duc écrit : « Le pays de Gia-dinh est vaste et abon¬damment pourvu de moyens d’existence. On n’y entend jamais parler de famine ou de misères causées par le froid ; il en résulte que le peuple est habitué à dépenser, sans être obligé d’user d’économie : aussi y voit-on fort peu de fortunes dues à des épargnes suc¬cessives. On y rencontre un grand nombre de lettrés… On trouve chez ses habitants la fidé¬lité, le courage et le patriotisme. Ce peuple méprise les richesses. Ce qu’il désire ardem¬ment c’est la justice, et il en est de même exactement chez les femmes, qui sont en général douées de grâce et de beauté. C’est surtout parmi elles que se rencontrent les dons de l’esprit et de l’intelligence. La lon¬gévité est plus commune chez elles que chez les hommes (p. 70-71), Lorsqu’un hôte se présente, on lui offre d’abord du bétel et puis du thé; on l’invite ensuite à prendre un repas, que Ton a soin de servir très copieux. On ne prend pas en consi¬dération s’il s’agit d’un parent ou d’une simple connaissance; on ne s’inquiète pas davantage de la provenance de l’étranger; il suffit qu’il soit un hôte et qu’il se présente pour être bien reçu et avec empressement. Il en résulte qu’un étranger n’a nullement besoin de s’oc¬cuper de lui ni de sa nourriture, car partout où il se présente il est sûr d’être bien accueilli. Cela a cependant l’inconvénient d’engager beaucoup de personnes à vagabonder, à cause de cette hospitalité si facile qui leur est offerte si libéralement (p. 84-85).
Au point de vue rizicole, on distingue deux sortes de champs.

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Ceux des terrains élevés, couverts de broussailles ou d’herbes, nécessitent, avant toute culture, d’en être dépouillés en coupant les arbustes et en mettant le feu aux herbes, que l’on abandonne sur le sol. A l’époque des pluies ils deviennent pour la terre un engrais excellent. On laisse le champ se bien détremper, et l’on n’a plus alors qu’à semer le riz. Comme il n’est pas nécessaire de labourer, il en résulte que pour fort peu de peine on obtient beaucoup de produits. On doit, tous les trois ou cinq ans, laisser reposer ces terres et mettre en culture un champ nouveau. Ainsi, pour ces sortes de terres, c’est la serpe qui sert de charrue et le feu qui sert de herse.

Les champs situés dans les terrains bas et humides se distinguent par l’abondance de petites herbes et de vase. Leur sol se durcit à l’époque de la saison sèche et se couvre de fentes. C’est après les grandes pluies qu’on laboure le champ, avec des buffles hauts et forts. Dans les provinces de Gia-dinh et de Biên-hoà, ces rizières rapportent cent piculs de paddy pour un picul de semence.
Les champs coupés d’arroyos n’ont pas besoin d’être labourés. A l’époque des pluies d’été et d’automne, on sarcle les herbes et on les met sur les bords. La terre étant alors suffisamment détrempé, on repique le riz. Le rapport dans les provinces de Vinh-long et d’An-giang est de trois cents pour un.

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