Le Sud 2

La recherche archéologique dans le Sud n’est pas encore très avancée. On a trouvé dans le Dông-nai un « complexe culturel » daté du Ve au Ier millénaire avant notre ère où voisinent des outils en pierre (haches et her- minettes quadrangulaires, triangulaires et épaulées), en bronze, en fer (quelques armes), de la céramique, des parures en os et en corne, témoignant d’échanges avec Dông- son, Sa-huynh, le Laos, le Cambodge et la Thaïlande.

Au Ier siècle, le delta du Mékong faisait partie du royaume indianisé de Phù Nam qui durerait jusqu’à sa conquête par le Chân Lap des Khmers au VIe siècle. Les fouilles de Louis Malleret continuées par les Vietnamiens ont fait surgir ta culture d’Ôc-eo qui s’étendait du Dông-nai à Long-xuyên et de Tây- ninh à Trà-vinh. Elle est caractérisée par des constructions en brique et en pierre sur des mamelons, suggérant l’existence de temples et de tombes d’incinération, de maisons sur pilotis. La cité était un port entouré de routes et d’un quadrillage de voies d’eau. L’influence indienne était prédominante avec un texte en sanskrit gravé sur pierre, un texte bouddhique sur une feuille d’or, des lingas, des images des styles Amaravati et Gandhara. Le pays était en relation avec l’Orient méditerranéen (médailled’ord’Antonin le Pieux de 152, image de Marc Aurèle, cabochon sassanide, bas-relief d’un roi persan non identifié, statuette hellénistique de Pan). D’autres vestiges indiquent des influences de Sa-huynh, Dông-son, Samrong Sen, et de la Chine.

La région entre dans l’histoire vietnamienne au xvne siècle. Ayant conquis le Champa, les Nguyên portèrent leurs regards vers le fertile delta du Mékong. Il existait alors, écrit la célèbre Description du pays de Ciâ-dinh de Trinh Hoài Duc (1725-1825), de nombreuses forêts de palétuviers et d’innombrables arroyos. Certaines parties du territoire étaient recouvertes de beaucoup d’herbes ; d’autres extrêmement boueuses, ne pouvaient être fréquentées que si l’on établissait de nombreux ponts volants composés simplement d’arbres abattus13. Au cours du xvne siècle, pendant les guerres des Trinh et des Nguyên, beaucoup d’habitants, chassés par la misère et la famine, étaient venus se fixer dans ce pays dont ils mirent en valeur les terres laissées à l’abandon par une population khmère clairsemée. D’autres éléments les rejoignaient : bannis, vagabonds, déser¬teurs qui apportaient les dures qualités d’une race de pionniers. On comptait alors deux colonies, l’une à Mô-xoài (Bà-ria), l’autre à Dông-nai (Biên-hoà). Les Khmers, menacés à l’ouest par les Siamois, recherchaient eux- mêmes l’alliance viête. En 1620, leur roi épouse une princesse Nguyên, trois ans plus tard il autorise la création d’une poste de douane viêt à Prey Nokor (Sài-gôn), ce qui encourage l’afflux d’immigrants.

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En 1679, des généraux chinois fidèles aux Ming chassés par les Mandchous (Qing), viennent chercher refuge au Dai Viêt. Les Nguyên les envoient dans le Sud en demandant au roi khmer de les accepter. Les uns se fixent à My-tho, les autres à Biên-hoà. Une partie d’entre eux s’y livra au commerce, l’autre se consacra à l’agriculture. Ce lieu devint dès lors très commerçant, et l’on y vit se coudoyer Chinois, Européens, Japonais et Malais. En 1698, il fut rattaché au domaine des Nguyên qui en feront le Gia-dinh.

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