Le Nord 2

Le néolithique moyen (4000-2000) est représenté par les sites de Dâ-but et Dông- khoi (Thanh-hoâ). On y a trouvé des haches polies sur les deux faces, des vases en céra¬mique, des plombs de pêche en terre cuite, des flèches et des aiguilles en os de poisson, indiquant la pratique de la cueillette, de la chasse et de la pêche.

L’agriculture apparaît au néolithique supé¬rieur, caractérisé par la coexistence de deux types de hache, associés peut-être à des groupes humains différents (plutôt qu’à des vagues successives d’immigrants) : la hache quadrangulaire, à faces plus ou moins parallèles, qui domine dans la Moyenne Région et dans le delta (Phùng-nguyên) et la hache à tenon d’emmanchement ou hache épaulée qui se rencontre dans les îles, les sta¬tions troglodytiques de la Cordillère annamitique (Minh-cam) et les amas coquilliers sur le littoral du Thanh-hoâ au Quang-tri (Bàu-trô). La hache quadrangu- laire est attribuée aux Austronésiens, la hache épaulée aux Austro-asiatiques. Ce sont des groupes linguistiques et non raciaux (le viêt appartient au second qui comprend aussi le khmer, le bahnar, etc.). La cohabi¬tation dans un même pays de cultures dif¬férentes a été, faut-il le rappeler, un phénomène universel de tout temps, peut- être plus accentué en Asie du Sud-Est qu’ailleurs. De nombreux traits culturels et termes linguistiques témoignent de l’étroite parenté des Viêts et de leurs voisins entre les¬quels n’ont pas manqué les échanges. On a trouvé à Phùng-nguyên quelques haches épaulées tandis que les futures haches de bronze de Dông-son semblent dériver de la hache quadrangulaire. De même, la céra¬mique est ornée de motifs qui se retrouve¬ront à Dông-son, notamment la double spirale en S. A Gio-linh (Quang-tri), les ves¬tiges de bassins monumentaux, qui distribuent l’eau de la montagne à l’alimentation, au bain et à l’irrigation des champs, voisi-nent avec des terrasses cérémonielles plantées de banians. Ce site est sans doute cham, mais le culte des arbres et des pierres est aussi une caractéristique de l’animisme viêt.

L’agriculture est attestée par la présence de grains de riz (datés de 1200 ans avant notre ère) et de pomme-cannelle, l’élevage par des statuettes d’animaux en terre cuite, le tissage par des aiguilles en os et des fusaïoles en terre cuite. On a relevé des traces de piliers d’habitations, enfoncés en rangées régulières.

Ainsi, au cours du deuxième millénaire, la population a-t-elle commencé à défricher les lisières nord et ouest des deltas, puis les del¬tas eux-mêmes au fur et à mesure que la mer reculait et que les alluvions des fleuves com¬blaient les golfes. A côté de l’essartage pre¬nait place I irrigation le long des cours d’eau, ce qui faisait surgir des villages permanents. C est tout près de Phùng-nguyên que s’élèvera la capitale du premier royaume Viêt, le Van Lang.

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