Le bien-être 4

C’est également avec des fleurs de lotus qu’on parfume le trà man qu’on cueille en bourgeons; on les recouvre quelque jours avant de les sécher ; on place alternativement une couche de thé et une couche d’éta mines.

Le thé dit chinois (trà tàu) parce qu’il a été au début importé de Chine est un thé vert cultivé dans la Moyenne et la Haute Région de Thâi-nguyên, Phü-tho, Tuyên-quang, Yên- bâi. C’est à ce thé que fait allusion Pham Dlnh Hô (1768-1839) dans son Vu trung tùy but (Par temps de pluie au courant du pin¬ceau) :

« Dans les années de paix de la période Canh-hung (1740-1787), nobles et riches dépensaient follement, allant jusqu’à payer plusieurs dizaines de lang (39gr) d’argent un beau service à thé et du thé de qualité. Certains aimaient son fin parfum, d’autres son arrière-goût. Ils savaient distinguer les différents arômes, connaissaient les meilleures façons de préparer le breuvage. Sous le vent frais du matin ou la lune le soir, en compagnie d’amis, le thé de Chine aide à s’éveiller du rêve de ce monde, à purifier notre âme vulgaire. Quand j’enseignais à Khânh-vân, j’étais pauvre, mais le thé ne manquait jamais. A mes moments de loisir, j’allais avec mon ami Tô me promener à la pagode des Nuages où nous préparions le thé, ou bien nous montions sur une colline à l’ouest de l’endroit pour y prendre l’eau d’une source et infuser notre thé. Nous regardions les nuages se for mer et se disperser, les oiseaux voler, la végétation tantôt verdoyante tantôt flétrie, les passants sur la route, et nous improvisions des vers. Un soir, nous sommes allés sur un pont au-dessus du Tô-lich qui coule derrière mon école pour voir les barques des pêcheurs : des deux côtés du fleuve, les arbres projetaient leurs ombres irrégulières, la lune flottait sur l’eau claire. Nous nous sommes assis et nous avons bavardé, l’esprit détaché de toutes choses, pleinement heureux. Depuis quatre ans, je n’enseigne plus et mon ami Tô est mort. N’avait-t-il pas raison, cet auteur des Tang qui disait : « Ce plaisir que nous offrent la nature et l’amitié, rares sont ceux qui en jouissent il est plus difficile à atteindre que la richesse et les honneurs » ».

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Le thé est l’offrande traditionnelle aux hôtes. On le leur présente des deux mains en signe de respect. Il est le breuvage quotidien. On le consomme seul, pour se préparer à la méditation ou pour oublier les soucis, avec un ou deux amis dans un jardin où l’arôme des fleurs se mêle à celui du thé, en contemplant une peinture, en improvisant des vers, en devisant de littérature ou de philosophie.
Le plaisir exige la réunion de trois éléments.

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