La Moyenne et la Haute Région 5

Les Hmong (787 600), appelés aussi Mèo, les Dao ou Yao (620 500), appelés aussi Mán, et les Pàthen (4 000), sont originaires de la Chine du Sud et font partie du même groupe linguistique. Les Hmong, arrivés les derniers, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, occupent les hauteurs de 800 à 2 000m du Cao-bang au Nghê-an, tandis que les autres, immigrés antérieurement (les Yao depuis le XIIIe siècle, les Pàthen à la fin du XVIIIe siècle), vivent à toutes les altitudes. On distingue, selon la couleur dominante du vêtement féminin, chez les Hmong : les Blancs, les Bariolés, les Noirs, les Verts; chez les Yao : les Rouges, les Indigos, les Yao à tête cirée, à sapèques, aux pantalons serrés, aux pantalons blancs, etc. Tous leurs vêtements féminins sont très beaux, très colorés, ornés de broderies et d’applications. Les Hmong cultivent le maïs, le riz, le chanvre, le pavot, sur brûlis, dans des champs irrigués et en terrasses. La plupart se sont sédentarisés. La maison a même le sol contient l’autel des ancêtres face à l’entrée principale.

Chaque village a son génie tutélaire et ses coutumes. La famille est patrilinéaire, le mariage prohibé au sein d’un lignage, le lévirat en usage. Les Hmong pratiquent le culte des esprits du ciel, du territoire, de la maison, l’exorcisme, le chamanisme. Ils enterrent leurs morts et croient à la réincarnation. Chez les Yao, la naissance, l’adolescence (à 13 ans pour les filles, à 15 ans pour les garçons), le mariage, sont marqués par des rites, de même que les funérailles où intervient le chaman qui détermine l’heure de la mise en bière et l’emplacement de la tombe afin que le mort mène une vie paisible dans l’au-delà. On croit à l’exis¬tence d’esprits bienfaisants (les ancêtres, les génies de la terre et du riz) auxquels on rend un culte, et d’esprits malfaisants contre les¬quels on se protège par des sacrifices et des amulettes.

Telles sont les minorités numériquement les plus importantes du Nord. Les autres vont de 700-800 (Pu-péo, Si-la), 3 000-7000 (Lô- lô La-hu), 11 000-18 000 (Lào, Xinh-mun, Hà-nhl) à 40-50 000 (Giây, Bru Vân-kiêu, Kho-mü, Tho), les Sân-chay atteignant 147 000 personnes. L’habitat et l’activité économique diffèrent moins que les modes d’organisation familiale et sociale, les cou¬tumes et les croyances, quoiqu’on retrouve partout le culte des ancêtres et des esprits.

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