La littérature classique 10

Sinh, étudiant à la capitale, longe chaque jour un mur tombé en ruine d’un vieux palais. Dans le jardin deux belles jeunes filles rient sur son passage et lui jettent parfois des fleurs ou des fruits. Un jour, il engage la conversation et elles lui disent s’appeler Dào (Pêcher) et Lieu (Saule) – il ne saura que plus tard qu’elles sont des réincarnations. Il les invite chez lui. Lorsque ses propos se firent tendres, elles lui dirent pudiquement :
– Nous sommes encore ignorantes du printemps. La fleur qui gardait son pistil caché pourra-t-elle supporter le poids de la pluie et du vent ?
Sinh les tranquillisa par des paroles caressantes et, la lampe éteinte, tous trois se cou¬chèrent. Entre les ébats, l’étudiant demanda aux jeunes filles d’improviser des vers. Liêu chanta la première :
La sueur imprégnée de musc mouille la chemise de soie
Les deux traits bleutés des sourcils se froncent légèrement ô vent d’est, branle avec douceur le rameau
Son dos frêle ne supporte pas de trop rudes assauts.
Dào enchaîna :
Dans le secret de la chambre la clepsydre égrène ses gouttes
La lampe d’argent luit sur les rideaux rouges frémissants
Cueille à loisir, Seigneur, la branche qui te plaît
Le jeune pêcher peut recevoir de frais bourgeons roses.
L’étudiant applaudit :
– Vous avez décrit à merveille notre état printanier. Il me sera difficile d’égaler vos paroles fleuries et vos idées de brocart.
Il chanta à son tour :
Fatigué, je ferme ma chambre pour rêver dans le vague
Voici que nuages et pluie m’amènent au mont Vu
Un papillon folâtre dans un vol de blancheur
Sur la même tige des fleurs
s’épanouissent en rose
Ensemble dans le même nid les loriots
se mettent dessus dessous
En deux courants l’eau se partage vers
l’est et vers l’ouest
Quoique les deux beautés soient de la même classe,
Chacune a sa nature, chacune ses qualités. Aux xvne et XVIIIe siècles, de nombreux romans en vers racontent des amours qui obéissent rarement aux rites. En effet, ce qui frappe dans ces histoires, c’est que les jeunes gens se rencontrent par hasard et s’éprennent l’un de l’autre. La jeune fille est de condition sociale élevée et prend souvent l’initiative. Elle résiste à ses parents et les force à res¬pecter sa décision. Lorsqu’il s’agit d’une princesse, le roi lui-même ne peut lui taire changer d’avis. Parfois enfin la femme se montre supérieure à l’homme par son talent OU ses qualités. Phuong Hoa aime Canh Yên, de condition sociale inférieure à la sienne;
quand il est emprisonné sous une fausse accusation, elle se déguise en homme, passe les concours, se présente devant l’empereur et obtient justice pour son mari. De même, Ngoc Hoa s’éprend d’un mendiant, Pham Tai, et le lui dit. Elle résiste au roi Trang-vuong qui veut la prendre et fait empoisonner Pham Tai. Elle se coupe le visage pour se rendre moins belle, finalement elle se suicide. Mais le souverain des enfers qui a entendu sa plainte condamne Trang-vuong à la cuve d’huile bouillante, et ressuscite les époux. Pham Tai devient roi à la place de Trang- vuong. La princesse Bach Hoa s’éprend elle aussi d’un mendiant, le fait venir dans ses appartements et se promet à lui. Elle résistera à son père et à toutes les épreuves.

A voir: voyage vietnam pas cher | Ninh Binh |  excursion hanoi ninh binh | voyage vietnam et cambodge | voyage au vietnam | Vietnam hors des sentiers battus
Dans VHistoire de Kiêu, Kim Trong déclare son amour à Kiêu qui l’accepte. Ils échangent des gages et des serments. Un soir que sa famille est absente, Kiêu va chez Kim Trong et joue de la cithare pour lui. Kim Trong s’émeut et se fait tendre. La jeune fille l’arrête et rentre chez elle. Plus tard, quand elle devra se vendre pour sauver son père, elle regrettera de ne pas lui avoir cédé.

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

Powered by WordPress